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Accueil > Les Marchés > 3e Nuit de la Photographie contemporaine pour voir le programme
Photographe pictorialiste Bruno Dubroqua est né Bordeaux en 1967. Tout d’abord designer, il se tourne vers la photographie à partir de 2002 avec la découverte du film Polaroid 665. La spécificité chimique et le rendu aléatoire de ce film laissent libre cours à son imaginaire. Il devient son unique support d’expression, qu’il continue à expérimenter, tout en confrontant sa vision aux procédés photographiques anciens et alternatifs, lors de longs voyages photographiques. Pénétrer dans l’univers photographique de Bruno Dubroqua, c’est se frotter à trois éléments : le Temps, l’Ecriture, la Mémoire. En les envisageant comme de véritables matières premières, il officie à la fois comme un sculpteur, avec un engagement physique et sensuel, mais également comme un écrivain ou un poète, en questionnant le passé, le présent, le fictif. Le Temps est au cœur de l’œuvre de Bruno Dubroqua, au centre de son processus créatif : de la prise de vue au tirage, des longs temps de pause à l’instantanéité de la révélation du Polaroid, jusqu’à la maturation et au travail d’intervention sur l’image. Ce questionnement temporel traverse toutes ses séries : ses portraits comme ses nus féminins, ses paysages désertés comme ses bateaux fantômes. Il ne mène cependant pas une lutte avec les minutes qui s’égrènent. Bien au contraire. Il les apprivoise et les fait siennes. Il s’en empare, les remodèle pour en faire une des composantes de ses images. Le temps y devient tactile, sensible. Il se déroule sous nos yeux, dans ces images pourtant arrêtées. Face aux vastes plaines et vallées qu’il a pourtant figées, regarder les images de Bruno Dubroqua c’est s’accorder une pause pour écouter le temps. Ses images deviennent sonores et nous pouvons entendre le vent sur l’herbe des prairies, le frottement des branches d’un arbre, le craquement des restes de la coque d’un bateau sous l’effet du soleil. Le temps, au même titre que la chimie, travaille tangiblement la photographie de Bruno Dubroqua.
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