Foire Saint Germain

Les 32 ans de la Foire Saint-Germain

 

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Catherine+L%C3%A9v%C3%A9nez-Labaille
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mai 2010
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juillet 2010
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Un heureux hasard a voulu, en 1981, que je rencontre le célèbre Houtin qui m’a fait partager sa passion de la gravure.
Le côté mystérieux et alchimiste de l’eau-forte m’a tout de suite séduite. J’ai été troublée par la manière agressive qui permettait de faire parler la plaque de cuivre : l’acide, le burin, la pointe sèche. Malgré ces techniques violentes, il y a beaucoup de douceur et de sensualité quand je marie la plaque encrée avec le papier vierge ou quand je berce le cuivre pour une manière noire.
Même le mot taille-douce est un compromis ambivalent... Que d’attentes, de doutes et d’émotions quand je soulève la feuille sur la presse, après un tirage !

Je préfère le noir qui me permet de rendre les atmosphères plus lourdes, plus chargées.

J’ai envie de raconter des histoires de rencontres dans un escalier, derrière un rideau de dentelle, au coin d’une cheminée d’usine, au pied d’un vieux mur ou sur des toits enneigés. J’imagine des tranches de vie quotidienne, des ombres fantômes du passé, des lieux entre vestiges, ruines et reliques sans humain. C’est comme des témoignages d’un passé disparu mais encore habité, avec des secrets, des drames et des petits bonheurs que je veux sauver de l’oubli en gravant des traces pour prolonger le souvenir.

Chacune de mes gravures est un petit caillou noir et blanc déposé sur mon chemin de vie.

Mes murs murmurent, certains pleurent et je les écoute. ils me parlent d’histoires ordinaires, du temps d’avant, quand les souhaits s’exauçaient encore.

Ils ont plein de choses à me raconter, tant mieux, j’ai tout mon temps... je rêve...

Catherine Lévénez-Labaille