Foire Saint Germain

Les 32 ans de la Foire Saint-Germain

 

Accueil > Les Marchés : > 2ème nuit de la Photographie Contemporaine

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Etienne+Laurent
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mai 2010
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juin 2010
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juillet 2010
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Mon travail photographique s’articule autour de deux formes visuelles toutes deux issues du panoramique : le « panoramique sériel » et le « rorschach panoramique ».

Il y a plusieurs niveaux de jeu. Jeu avec l’équation espace-temps propre à l’instantanéité inhérente à la photographie, jeu aussi avec la rapidité de captation visuelle de l’œil humain. Jeu enfin sur la relation entre l’intentionnalité du photographe et l’interprétation du spectateur.
Les photographies que je présente sont destinées à engager une réflexion sur l’exercice du panoramique, conçu comme le résultat non pas d’une seule et même prise de vue, mais d’une série de photographies aboutissant à une image unique, formellement et sémantiquement, cohérente.

Le panoramique résultant d’une captation sérielle d’un même espace fait de plusieurs temporalités tend à rendre compte du processus de balayage qu’effectue l’œil humain.

Il se produit en effet une corrélation très intéressante entre l’idée de simultanéité de la prise de vue et cet horizon que balaie le regard. Bien entendu, le regard appréhende le mouvement d’une façon différente, il ne l’arrête pas comme le fait la photographie, mais c’est précisément cette contrainte technique qui rend l’expression photographique tout à fait intéressante.

En effet, ce mouvement « arrêté » de l’image permet l’expression de l’imagination du mouvement, d’un « il y a eu », tout autant que la présentation de cet instant comme un moment choisi, ce qui établit une double relation à l’image entre l’expression du photographe lui-même, de son choix et de celui ou de celle qui observe la photographie. L’image panoramique « sérielle » permet ainsi, à l’instar d’un story-board, de raconter une histoire tout autant que de laisser à autrui la possibilité d’y projeter sa propre subjectivité.

Avec le travail panoramique sur le motif du rorschach, il s’agit pour moi de jouer sur la relation entre l’intentionnalité du photographe, le caractère objectif (formel) de la photographie et la l’interprétation qu’en fait le spectateur. Le rorschach est à la base de la psychologie projective. De même, les transformations formelles du motif photographié sont le lieu où la perception du spectateur s’incarne dans l’interprétation qu’il en fait. Ce travail a pour but de souligner le caractère autonome quant à l’interprétation que l’on peut en faire. Chaque individu est porteur de sens et dès lors, mon rôle de photographe se limite à l’aspect créatif, sa signification ne m’appartient pas, ou du moins j’aime à le penser.